Intelligence émotionnelle : une force pour les acheteurs

Intelligence émotionnelle : une force pour les acheteurs

En quoi l’intelligence émotionnelle permet-elle aux acheteurs de mieux mener à bien leur mission? Quelles compétences faut-il mobiliser? Une table ronde organisée la semaine dernière par Handiréseau donne des éléments de réponse à ces questions…

« L’intelligence émotionnelle, la force qui va nous différencier des robots » – Tel fut le sujet d’une table ronde organisée la semaine dernière dans le cadre des Trophées Femmes en EA, organisés par Handiréseau (voir encadré ci-dessous), et animée par Sylvie Noel, CPO du groupe Covea et présidente de l’ADRA. A ses côtés, Ilde Puglisi, directrice des achats du Groupe Coface, Cédric Dufour, responsable des achats du GIE Agirc-Arrco, Kenza Lahlou, ex-directrice achats de Conforama, et Dany Drion, vice-président de Eweta. Dans la salle, un joli parterre de dirigeants et de salariés d’entreprises du secteur adapté. Il s’agissait de leur expliquer que la « baisse des coûts » n’est pas le principal moteur des achats mais qu’ils ont, notamment, à coeur de bâtir avec leurs fournisseurs, dont les entreprises du secteur adapté, des relations équilibrées et pérennes. C’est dans leur intérêt aussi. Et pour y parvenir, il faut de l’empathie, comme l’a souligné Cédric Dufour. C’est là que l’on parle de relationnel et des fameux soft skills. C’est là que l’intelligence émotionnelle s’impose. « L’intelligence émotionnelle c’est la conscience de soi, la maîtrise de soi, l’empathie et les aptitudes sociales », a résumé Sylvie Noel.

« Pour moi », a commenté Ilde Puglisi, « l’intelligence émotionnelle est essentielle, bien plus importante que les capacités techniques d’un acheteur. Il est normal qu’un acheteur sache monter un appel d’offres, par exemple, mais il est beaucoup plus important qu’il ait de vraies capacités d’écoute. Il faut qu’il ait l’envie d’imaginer de quoi a besoin son interlocuteur. Il lui faut aussi avoir la capacité de s’auto-évaluer, car on ne répond pas correctement à l’autre si l’on ne sait pas de quoi on est capable soi-même. Il faut savoir se positionner par rapport aux autres« . Au delà de l’écoute, il y a, selon Ilde Puglisi, « la maîtrise de soi » et, a souligné Cédric Dufour, « la capacité de gérer ses émotions ainsi que celles des autres, pour mieux communiquer ».

Sans intelligence émotionnelle, « on ne peut pas répondre correctement aux besoins internes et externes », a souligné Cédric Dufour. Et d’ajouter: « Quand on comprend les attentes du fournisseur, on est capables, au vu des nôtres, de répondre à leurs besoins… et aux nôtres ». Et pour bâtir une relation pérenne « il est important de se comprendre et d’avoir de l’empathie ». « L’intelligence émotionnelle, c’est donc ce qui va faire la différence face à un fournisseur pour, ensemble, créer de nouveaux scénarios que l’on va vouloir tester », a commenté Kenza Lahlou.

Etre doté d’intelligence émotionnelle c’est aussi, selon Ilde Puglisi, avoir « la capacité de prendre une décision en cas de situation difficile », assortie d’une grande dose de créativité « qui permet de trouver des solutions aux difficultés rencontrées. » Vient ensuite « l’envie de persévérer et de gagner, car la passion est importante pour réussir dans les achats et dans la vie. » Et ce n’est pas Hayette Djennane, championne de France handisport de parachutisme, ni Laetitia Bernard, quintuple championne de France de saut d’obstacle handisport, qui étaient présentes sur une table ronde organisée ce jour là (« Manager par l’IE, associé à une prise de risque »), qui iront les démentir. Les deux jeunes femmes ont expliqué comme l’intelligence du coeur leur permet (aussi) de surmonter les difficultés liées à leur handicap et de performer dans leur discipline.
Reste que l’intelligence émotionnelle, cela se cultive. « A chaque manager de convaincre des équipes de travailler sur ces éléments », comme l’a souligné Ilde Puglisi.

Trophées Femmes en EA de Handiréseau

Depuis quatre ans, Handiréseau – trait d’union entre les entreprises et les acteurs du réseau d’entreprises adaptées -, organise les Trophées Femmes en EA pour mettre en valeur les entreprises du secteur adapté à travers les parcours de femmes remarquables. Cette année Handiréseau, a choisi « Intelligence émotionnelle / intelligence artificielle » comme fil rouge de sa manifestation qui a mixé conférences et ateliers avant de finir en beauté par une remise de trophées à des femmes ayant des parcours remarquables au sein d’EA. Cette remise de Trophées était parrainée par le comédien Pascal Légitimus.

Les Lauréates des Trophées FEEA 2018

Trophée Femme en EA décerné à Jeanne Kassa – agent de ménage de SCOP NEA (73)- groupe comprenant un pôle facility management et un pôle communication/information
Trophée Professionnalisation décerné à Christelle Morin – chargée d’e-commerce chez Afp France (74)- entreprise paysagiste
Trophée Entrepreneuse/ Intrapreneuse décerné à Fabienne Paul – responsable technique et logistique chez Afp France (74)- entreprise paysagiste
Trophée Tutrice d’exception décerné à Carla Rocha – responsable d’équipe SCOP NEA (73) – groupe comprenant un pôle facility management et un pôle communication/information
Trophée Innovation décerné à Emmanuelle Burel – créatrice et dirigeante de BBird (76) – agence de communication
Trophée Partenariat Client Fournisseur décerné à Patricia Gros Micol, présidente d’Handishare (69)- cette entreprise propose des prestations de services pour soutenir les fonctions supports des entreprises (marketing, ressources humaines, achats, gestion de la relation client, etc.)
Coup de coeur Collaboratrice décerné à Jenny Allain – agent de tri l’E.A. Cèdre (95)- Société de gestion des déchets : collecte, tri, traitement
Coup de coeur Entrepreneuse décerné à Bénédicte Vanwjisberghe, présidente du Moulin de la Hunelle (Wallonie)- entreprise de travail adapté aux multiples activités: restaurant, traiteur, blanchisserie, atelier de confection, menuiserie, peinture, conditionnement, abattoir, parc et jardins)
Coup de coeur du Jury décerné à Jocelyne Buire de l’EA des Ateliers du Grain d’Or (41) – entreprise adaptée aux multiples activités: sous-traitance industrielle, espaces verts et maçonnerie paysagère, prestations de service hors murs